HISTOIRE du Carmel d'Aire sur l'Adour
Le PréauLa FaçadeLe Sanctuaire

 



En 1604, soit 22 ans après la mort de sainte Thérèse d'Avila, 5 carmélites espagnoles traversent les
Pyrénées pour implanter la réforme thérésienne à Paris.
L'essor en terre de France est foudroyant : 60 monastères sont fondés en 50 ans !

Après la Révolution, l'expansion reprend, jusqu'à dépasser la centaine de monastères au
XXème siècle

- Pour ceux qui veulent en savoir plus, sur le Carmel de France, son Histoire, ses grandes figures, Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité,

- Ceux qui veulent connaître son Aujourd'hui, voir une présentation de tous les monastères, découvrir les activités : les Editions du Carmel, les retraites, les propositions d'enseignements, etc.

- Ceux qui veulent rencontrer les autres branches qui forment la grande famille du Carmel, les Carmes, et les fraternités carmélitaines : groupes de Laïcs faisant partie de l'Ordre à part entière. Ils s'engagent à vivre, là où ils sont, dans leurs vie de couple ou de célibataire, dans leur travail et toute leur vie quotidienne, la spiritualité du Carmel, spécialement un fort engagement à la prière,(Eucharistie, office liturgique et oraison silencieuse) mais aussi au service de leurs frères dans les milieux qui sont les leurs,

- Ceux qui veulent approfondir leur connaissance de Saint Jean de la Croix et sainte Thérèse d'Avila, Edith Stein (Sainte Bénédicte de la Croix) et d'autres grands saints du carmel,

Pour tous, nous conseillons d'aller sur la page "liens divers" et de cliquer sur celui vers "le Site de tout l'Ordre du Carmel en France".

 

Le Carmel d'Aire sur Adour

Mgr. Lannéluc

L'Evêque des Landes, Mgr. Lannéluc, désire un Carmel dans son Diocèse. (A cette époque, Aire sur Adour est ville épiscopale). Il s'adresse à une carmélite qu'il connaît depuis longtemps, originaire, comme lui, de Toulouse, présentement fondatrice et prieure du Carmel de Libourne, près de Bordeaux. Après dix années d'attente, la communauté de Libourne doit pouvoir se suffire - Mère Catherine Augustine et 5 autres religieuses arrivent à Aire sur Adour où un terrain leur a été offert à deux pas de l'évêché et de la Cathédrale.

C'était le 18 mars 1853, veille de la solennité de Saint Joseph, Saint Patron du futur monastère.
Mère Augustine avait 53 ans. Sollicitée dès le début de sa vie religieuse pour participer à diverses fondations ou re-fondations, elle avait dû vaincre en elle de grandes répugnances vis à vis de ces responsabilités et voyages.
Maintenant abandonnée à la volonté si manifeste de Dieu, elle pourrait déployer ses grands talents spirituels et pratiques au service de cet ultime labeur.

A Aire, elle devra tout assumer : établir les plans, discuter et diriger les travaux, trouver les fonds et les ouvriers, contracter des dettes et ... les rembourser et... conjointement, ouvrage encore plus important, former les jeunes vocations qui se présentent.
La nuit, elle veille telle soeur malade ou se penche sur ses cahiers de comptes soigneusement tenus ; le jour, présente sur le chantier et aux obligations de ses charges de prieure et maîtresse des novices ; tracas, maladies, dénuement; mort prématurée de Mgr. Lannéluc mettant en péril le projet..

"A cette dernière fondation tu seras seule, lui avait dit un jour le Seigneur dans sa prière, mais suis-moi sur le calvaire et tu verras ce que je ferai."

Elle vit les 19 religieuses accueillies en 25 ans ; n'était-ce pas pour elles - après Dieu - qu'elle avait tant peiné ?

"Pâtir, agir, se taire" telle était sa devise.

Même privée de la vue à la fin de sa vie, mais jamais de cette "aimable gaieté" qui faisait la joie de son entourage, elle suivait avec précision les derniers travaux et les aménagements du jardin.

Cette femme était taillée pour bâtir. Les témoins l'affirment avec une admiration dont la mémoire se perpétue. On peut aussi le penser lorsqu'on découvre la solidité et l'harmonie des bâtiments (avec un cloître en belles pierres de taille blondes) mais surtout quand on découvre la qualité des prieures qui lui succèderont, héritières de son esprit.
En effet , 2 fois, ses filles devront revivre pareille aventure (Fondation à Smyrne en Turquie et à Séoul en Corée du sud) et le feront avec la même foi, le même amour sans faille, le même don de soi jusqu'à l'héroïsme.

 

Communauté en 1895

Communauté en 1895. Mère Catherine Augustine est décédée en 1878.
Mère Quitterie est présente au centre de la photo, en haut, juste devant
la statue de Ste Thérèse.


Mère Quitterie (originaire d'Aire sur l'Adour) est élue prieure à la mort de la fondatrice en 1878.
Elle fit se développer la jeune communauté et en sera l'âme pendant un demi-siècle.
Période troublée pour l'Eglise et la société.

Le Carmel de Smyrne (1903-1922)

En 1903, les lois anti-cléricales obligent les carmélites à chercher refuge à l'étranger. Après de vaines recherches en Suisse, en Egypte et en Espagne, le groupe des plus jeunes soeurs part, avec la prieure, préparer un lieu de repli à Smyrne, en Turquie.
Nouvelle installation, nouvelles tribulations, accrues ensuite par la première guerre mondiale.
Problèmes de santé, incertitudes quant à l'avenir.

Cependant des jeunes, perses, arméniennes, se présentent et le petit Carmel blanc devient le Carmel de Smyrne !

Carmel de Smyrne

Comme Mère Catherine Augustine autrefois, Mère Quitterie fait face avec la même constance et la même confiance en son Seigneur. Mais usée par les privations, elle succombe en 1917, laissant, elle aussi, le souvenir d'une personnalité humaine et religieuse exceptionnelle qui a profondément marqué la communauté.

Le conflit gréco turc en 1922 provoque le rapatriement en catastrophe (la ville est en flamme... et le Carmel sera réduit en cendres... avec une partie de nos archives!) et in-extrémis, sur un bateau militaire français. La ville est livrée aux massacres, les souvenirs sont terribles.

Smyrne en flamme vu du bateau

 

Pendant l'installation en Turquie, contre toute attente, le Carmel d'Aire ne fut pas inquiété, et les soeurs restées sur place purent continuer, leur vie carmélitaine avec Mère Anne de Jésus comme prieure. ( Sur la photo de groupe ci-dessus, elle est la jeune religieuse au premier rang, à droite).

La situation politique s'était calmée, mais l'heure était difficile pour Mère Anne de Jésus qui se retrouvait seule au milieu de soeurs âgées et malades, sans appui, sans ressource, obligée de remplir tous les emplois à la fois jusque tard dans la nuit.

Elle a cependant accepté en 1919, (car elle ne connaissait pas, elle non plus, les demi-mesures) d'envoyer en renfort à Smyrne les plus jeunes, sujets de valeur, dont Sr. Mechtilde qui sera plus tard la fondatrice et la prieure du Carmel de Séoul et qui mourra sur les routes de Corée, à la frontière de la Mandchourie, près du fleuve Yalou, prisonnière des communistes du nord.Mère Mecthilde en 1939 (Photo ci-dessous : Mère Mechtilde au moment de partir en Corée)

Le retour en 1922, de la communauté de Smyrne, qui avait reçu, là-bas, quatre jeunes (arméniennes et persanes), fit que la communauté d'Aire, redevint d'un coup, nombreuse et dynamique.

Bientôt va s'écrire un des plus belles pages de l'histoire de notre Carmel : la fondation
en Corée du sud.

Revenons en 1914, la guerre a jeté sur les routes les carmélites du Carmel d'Ypres, (en Belgique) qui connaîtront, comme l'immense foule des réfugiés d'alors, cet exode où l'on croit, plusieurs fois, en vain,avoir trouvé enfin le refuge assuré. Finalement la route de trois d'entre-elles les amène à demander leur intégration dans notre communauté. L'une d'elles est Soeur Mechtilde déjà évoquée plus haut puisqu'elle a été envoyée en 1919 en renfort à Smyrne.
C'est-elle qui va écrire le chapitre de la fondation en Corée, avec la même encre, si l'on peut dire que Mère Catherine Augustine en 1953 à Aire et que Mère Quitterie en 1903 à Smyrne.

 


1939 avant le départ en Corée

Photo prise peu avant le départ pour la Corée
des quatre soeurs missionnaires

- M ..= Mère Mechtilde
- MH = Mère Marie Henriette
- MM = Mère Marie Madeleine
- B ..= Soeur Bernadette

voir fondation en Corée :

 

Après le départ de nos soeurs pour la Corée la communauté a reçu des jeunes, juste au début de la guerre, en 1939 et 1940. Jeunes qui sont aujourd'hui nos anciennes... Le temps passe !

Aujourd'hui, nous sommes une petite communauté de 9 soeurs.
Nous continuons notre mission de prière dans le silence et la paix.

Le monde connaît tant et tant de douleurs que notre prière n'est qu'une goutte dans l'océan.
Oui, mais tous les monastères du monde, tous les priants du monde (qui ne sont pas que dans les monastères !) comme le levain dans la pâte, sont discrètement à l'oeuvre, chaque jour, et ensemble font ce poids, ce contrepoids qui s'oppose sans bruit mais sans défaite possible - c'est notre foi - à cette pente de l'homme, de l'humanité, de toute l'humanité (et nous, comme les autres) vers l'obscurité, vers ce qui abîme l'homme et qui de ce fait même, blesse l'Amour que Dieu a pour nous.

Il nous a créé pour le bonheur et la joie et le monde est plein de cris de souffrance. Qu'avons nous fait du bonheur que Dieu nous propose ?
Le bonheur d'être homme, debout, libre, et tout entier don !

Pour ceux qui veulent connaître notre vie quotidienne, dans son aspect concret et au plan du sens profond qu'elle a pour nous, retourner à la page "sommaire" avec le bouton ci dessous et là, choisir la page "Carmélites, que vivez-vous ?"